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TÉMOIGNAGE DE KATIA, BÉNÉVOLE

J’ai eu la chance de pouvoir participer aux toutes premières maraudes de l’ADSF, en 2014, avant de devoir m’absenter un an pour mes études. Avec l’équipe, nous sommes partis à la rencontre de femmes dans un hôtel social, dans un restaurant solidaire de la ville de Paris, et dans un camp à Ivry qui a été démantelé depuis. En recommençant les maraudes cette année, j’ai eu le plaisir de voir que les efforts de l’ADSF en Île-de-France ont vraiment porté leurs fruits et que la démarche s’est bien consolidée en seulement un an. Pour moi l’action de l’ADSF est innovante et efficace car c’est la seule association qui cible plus particulièrement la santé sexuelle et reproductrice de femmes éloignées des systèmes sociaux et de santé. Nous partons en maraudes avec des professionnels impressionnants qui savent récupérer les informations médicales appropriées afin d’orienter les femmes vers les bons dispositifs, et qui dispensent autant que possible des conseils médicaux sur site. Katia BruneauJe vais sur le terrain le mardi, dans un camp dont une partie sera démantelée sous peu, et je m’inquiète pour les habitants qui devront probablement recommencer à zéro une grande partie de leurs démarches.

Déjà pour nous-mêmes, le système de santé peut sembler parfois lent et bureaucratique (parcours coordonné, temps d’attente dans les hôpitaux, organisation des remboursements…). Pour les femmes rencontrées c’est encore plus difficile dans leur quotidien et dans l’accès aux soins (barrière de la langue, maris absents, absence de crèches, manque d’information, illettrisme, mendicité, malnutrition…). Finalement, comme nous, elles s’inquiètent pour leur santé. Elles aussi peuvent souffrir de gastrites, de douleurs aux jambes, d’hypertension, de maux dentaires ou de nombreux autres problèmes médicaux liés à leur situation précaire.

Et pourtant malgré la pauvreté et la discrimination, ces femmes gardent un sens de l’humour et une joie de vivre incroyable et leurs enfants qui chahutent à nos côtés ont gardé leur plus pure insouciance. Elles ont gardé un sens fort de la dignité et de l’accueil. En effet, elles mettent un point d’honneur à nous inviter correctement, en nous trouvant chaque fois des sièges. Dans leurs abris de fortune en matériaux recyclés, mais néanmoins bien tenus et décorés selon les codes traditionnels, loin des hommes indiscrets, c’est là que nous prêtons une oreille solidaire. La dernière fois, j’ai même apporté des mini-viennoiseries pour les enfants… Parce que je m’attache… C’est une belle leçon pour moi de venir à leur rencontre.

Katia, 35 ans, coordinatrice pour ENSIS (European Network for Social Innovation and Solidarity)