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APPEL : FIN À CETTE INJUSTICE

15 ans que l’Association pour le Développement de la Santé des Femmes (ADSF) travaille, avec plus de persévérance que de moyens, pour améliorer l’accès aux soins des femmes en grande précarité, SDF, migrantes, victimes de violences rejetées à la rue et bien d’autres.

 

15 ans que nous cherchons vainement des lignes budgétaires concernant la santé des femmes les plus fragiles dans les méandres des fondations et des institutions. Invisibles étaient nos patientes, invisible notre action.

 

Il y avait pourtant déjà des familles, des femmes seules avec des enfants, migrants de pays en guerre où leurs vies étaient en danger et que nous connaissons bien pour y travailler. Pour les plus chanceux, ils sont hébergés dans les hôtels sociaux du 115, où nous les retrouvons depuis plusieurs années.

 

Il aura fallu le nouvel exode des populations syriennes pour que les yeux se dessillent. Les migrants ont envahi les ondes, les écrans et les pages des journaux, à défaut d’envahir le pays. Certes, ils sont un petit peu plus nombreux, mais si peu !

 

Juste assez  pour faire ressortir des discours nauséabonds de rejet que l’on aurait préféré ne jamais plus entendre. Juste assez pour voir revenir sur le devant de la scène ceux qui déjà en 1940 fermaient leurs portes au passage des exilés de l’intérieur. Juste assez aussi pour surcharger le travail des associations qui prennent le relais d’un service de l’Etat qui peine déjà pour accueillir et aider. Mais aussi pour déclencher des élans de solidarité citoyens. Juste assez aussi pour réaliser que les migrants sont aussi des femmes, depuis toujours ! Et pour déclencher une petite augmentation des budgets fléchés vers elles.

 

On pense maintenant à créer des structures d’accueil spécifiques et, timidement à proposer des soins spécifiques. On s’aperçoit soudain qu’une femme dans la précarité, qu’elle soit liée à la migration ou à la descente aux enfers, continue d’avoir ses règles et que ça pose des problèmes dans la rue, continue d’avoir une sexualité et que ça pose des problèmes de régulation des naissances, continue d’avoir des grossesses et que ça pose des problèmes de suivi médical, continue d’avoir des cancers du sein et du col que n’auront pas leurs congénères masculins.

 

Ces soins que l’ADSF propose depuis 15 ans et pour lesquels elle manquent autant de moyen que de bénévoles. Ces soins qui sont de plus en plus difficile à obtenir, tant les quelques structures qui acceptent d’accueillir ces femmes sont saturées parce que tout le monde ne joue pas le jeu avec autant de bonne volonté.

 

Alors l’ADSF, Agir pour la Santé des femmes, lance un appel. Puisque le fait d’accueillir quelques réfugiés fuyant l’horreur en France déclenche une prise de conscience plus souvent positive qu’hostile, nous en appelons aux structures de soins pour qu’elles ouvrent leurs portes quand nous leur amenons nos patientes. Nous en appelons aux pouvoirs publics pour qu’ils donnent aux dispositifs de soins les moyens nécessaires, en particulier en ressources humaines. Les sommes concernées ne seront jamais aussi importantes que les ardoises laissées dans les hôpitaux par les riches touristes de certains pays étrangers qui creusent les déficits.

Dans la précarité, les femmes subissent une discrimination supérieure à celle des hommes, dans la précarité les femmes sont victimes de violences morales, économiques, sociales, physiques et sexuelles en proportion largement supérieur aux hommes.

 

L’ADSF lance un appel pour que soit mis fin à cette injustice.

 

Dr Bernard GUILLON

Gynécologue obstétricien

Président fondateur ADSF Agir pour la Santé des Femmes

www.adsfaasso.org