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ARTICLE DE PRESSE DU PARISIEN, ÉDITION SEINE-SAINT-DENIS

« Des médecins à la rencontre des femmes enceintes démunies »

Ce 24 décembre après-midi, jour symbolique qui célèbre pour bon nombre de gens la maternité, nous avons démarré la nouvelle campagne de l’ADSF auprès des femmes en grande précarité dans la région parisienne.

Nous avons mené une étude sur les maternités de la région qui nous a permis de constater qu’un grand nombre de femmes enceintes ne bénéficient d’aucun suivi médical avant d’accoucher, en particulier quand elles sont dans la grande précarité.

Le temps était froid et humide et les illuminations de Noël ne brillaient guère dans les quartiers ou nous allions.

Le véhicule donné par l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris (APHP), sur lequel nous avions posé les logos de l’ADSF nous a conduit jusqu’à deux camps de fortune de Saint-Denis. Logés sous le contrefort de l’A 86, quelques baraques de bois et de tôles qui m’ont rappelé les bidonvilles de Port- au-Prince, capitale tristement connue d’Haïti, ou ceux moins médiatiques, mais tout aussi pauvres de Tananarive à Madagascar. Mais ces pays là sont parmi les plus pauvres du monde, alors qu’ici, on est à Paris, capitale rayonnante et prospère.

À l’arrivée dans un premier camp, nous avons vu une jeune mère portant son nourrisson emmitouflé dans une couverture et accompagnée de son mari. Ils revenaient de l’hôpital. La jeune femme avait accouché prématurément par césarienne deux mois plus tôt et le bébé avait dû rester hospitalisé tout ce temps. C’était donc pour eux un grand jour, le retour à la « maison » en famille. En fait de maison, une simple cabane de deux mètres sur deux, tapissée de toile et de moquette pour isoler du froid et chauffé par un improbable poêle de ferraille. Le nouveau-né fut posé sur le lit étroit qui servira à toute la famille. Le service de pédiatrie leur avait fait cadeau d’un biberon avec un peu de poudre de lait pour commencer. La marque du lait avait été notée sur un bout de papier. Pas facile de trouver ce soir là une boite de lait pour tenir jusqu’au samedi suivant!

Nous avons été bien accueillis par cette population de Roumains et nous avons pu rencontrer une jeune femme enceinte de six mois dans une autre cabane peu différente de la première. L’hôpital de Saint-Denis accueille ces femmes et les prend en charge quand elles font l’effort de s’y rendre. Mais ce n’est pas toujours le cas.

Un peu plus loin, un vaste camp s’étend sous le pont d’une bretelle d’autoroute. Ici ce sont de vieilles caravanes qui servent de logis. Le bois de récupération brûle dans les fourneaux et il fait bon à l’intérieur. Nous rencontrons une autre femme enceinte proche de l’accouchement, elle aussi suivie à l’hôpital de Saint-Denis.

Ensuite nous avons décidé d’aller à la rencontre des populations qui campent dans des tentes le long du canal Saint-Martin.

Au passage, nous avons acheté une boite de lait dans une pharmacie que nous sommes retournés offrir à la jeune mère rencontrée en premier, pour lui permettre d’attendre l’ouverture des distributions alimentaires des associations.

Les groupes rencontrés dans Paris étaient exclusivement composés d’hommes venant de pays plus lointains comme l’Afghanistan. Pas de femmes à qui nous pourrions apporter notre aide.

Pour finir nous avons rencontré, gare de l’Est, l’équipe de Restos du cœur. Pas de femmes ce soir là dans leur fille d’attente, mais il y en a parfois.

Cette première expérience de maraude nous a pourtant confortés dans l’idée que nous devions poursuivre notre action.

Les contacts pris avec le 115, les Restos du cœur, le Secours populaire, la Croix-Rouge, montre à quel point il y a un défaut de prise en charge spécifique des femmes enceintes.

Nous recrutons donc des bénévoles pour assurer les maraudes et pouvoir ainsi assurer une présence quotidienne auprès des femmes.