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Contraception et IVG : pour un accès et un choix libre et éclairé pour toutes

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A l’occasion de la journée mondiale de la contraception ce 26 septembre et la journée mondiale pour l’avortement ce 28 septembre, l’ADSF tient à mettre en lumière les situations inhérentes aux femmes en situation de précarité, souvent oubliées des débats de santé publique.

Nos équipes rencontrent lors de nos missions sur le terrain des femmes aux histoires et aux problématiques multiples. Qu’elles vivent dans des bidonvilles ou dans des hôtels sociaux, qu’elles aient été ou soient victimes de traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle ou qu’elles soient en situation d’errance, nous avons constaté qu’une grande majorité des demandes de ces femmes concernaient leur suivi gynécologique et particulièrement leur contraception. En moyenne, c’est une femme sur deux que nous rencontrons qui ne possède pas de moyen contraceptif [voir notre état des lieux 2017 réalisé auprès des femmes que nous avons rencontrées].

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Graphique tiré de notre état des lieux 2017.

Le droit à une contraception mais plus encore le choix d’une contraception adaptée reste un défi à relever. Par exemple, de nombreuses femmes vivant en bidonville ont recours à l’implant contraceptif. Leur autonomie en matière de contraception est souvent remise en cause et pose la question d’une solution adéquate à chacune d’entre elles. Dans son rapport « La santé et l’accès aux soins : une urgence pour les femmes en situation de précarité », le Haut Conseil à l’Egalité avait d’ailleurs insisté sur des pratiques professionnelles différentes parfois observées chez les femmes précaires. Ces pratiques ont des conséquences sur la qualité de la prise en charge et mènent parfois à un renoncement de soins.

L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est également un enjeu de taille par la complexité du parcours proposé : il faut parfois assister à trois rendez-vous, dont certains à plusieurs endroits différents. Cela représente une difficulté à prendre en compte pour les femmes en situation de précarité, notamment les femmes en situation d’errance. Ce parcours aurait ainsi de bonnes raisons d’être simplifié, pour que chaque femme puisse en bénéficier.

Face à ces réalités, l’ADSF cherche avant de tout à permettre à ces femmes de retrouver un parcours de santé et à les informer. C’est pourquoi nous menons plusieurs actions pour permettre un accès et un choix à la contraception et à l’IVG.

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Julia, sage-femme à l’ADSF, lors d’un groupe de parole (août 2018)

Nous menons entre autres, des actions de prévention et de sensibilisation envers les femmes victimes de traite d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle. Nous allons ainsi auprès de très jeunes femmes nigérianes que nous rencontrons au bois de Vincennes. Nous les informons notamment sur la légalité, la gratuité, l’anonymat et la sécurité que peuvent assurer les centres de planification familiale concernant la pratique de l’IVG. Ces informations sont également délivrées lors de groupes de paroles que nous animons dans nos locaux, dans des hôtels sociaux mais aussi avec France Terre d’Asile ou encore à la Halte Femmes.

Nous présentons également aux femmes les différents moyens de contraceptions qui existent et des planches anatomiques didactiques qui leur permettent de mieux appréhender leur corps. Nous informons aussi sur la possibilité de recourir à la pilule du lendemain, recours dont certaines femmes ne connaissent pas l’existence.

Nos actions s’inscrivent toujours dans la volonté d’un choix libre et éclairé.

L’émancipation et l’autonomisation des femmes précaires doivent être permises grâce à une offre de soin équitable et objective mais également grâce à la persistance d’un accompagnement, d’une information et le refus de la stigmatisation.