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TÉMOIGNAGE DE JULIE, BÉNÉVOLE

Quand j’ai rejoint ADSF, c’était à la fois un projet mûri et très flou. Je venais de terminer mes études à Sciences Po et je ressentais depuis très longtemps l’envie de donner du temps pour une action positive, de préférence axée sur la défense des femmes, mais sans avoir vers qui me tourner car il existe tant de causes justes à défendre. J’ai alors réalisé qu’avec un raisonnement comme celui-là on ne se lance jamais.

J’ai beaucoup apprécié l’accueil à l’ADSF. Maria, la coordinatrice, déborde de courage et d’idées pour faire évoluer cette petite structure. J’ai eu un excellent contact avec tous les membres que j’ai rencontrés et j’ai adoré découvrir leur parcours et leurs motivations pendant les trajets en voiture nous emmenant sur les lieux de nos maraudes. On parle tous les jours du manque d’engagement citoyen, c’est un fait avéré, et j’étais heureuse de rencontrer des énergies vives.

Julie BeaufilsVenons-en concrètement aux maraudes. Notre mission consiste à partir à la rencontre des femmes isolées pour vérifier leur état de santé et, le cas échéant, prendre pour elles les rendez-vous médicaux nécessaires. Parce que l’ADSF à Paris est une petite structure, elle ne peut se déployer que deux soirs par semaine et essaie en conséquence de rencontrer un maximum de femmes en détresse. C’est pourquoi nous avons fait le choix d’aller en priorité dans les bidonvilles des Roms. L’isolement des femmes y est total : déjà, les Roms vivent en marge de la société, mais cela est encore plus vrai pour les femmes qui restent davantage « au foyer » ou bien ne se déplacent qu’entre elles. Ainsi, elles parlent souvent moins le français que les hommes, ce qui les isole encore davantage. Enfin, sur le sujet de la santé en particulier, les femmes ont tendance à nier leurs douleurs car elles ne veulent pas laisser leur familles ni se rendre dans un environnement inconnu.

A mon sens, la plus grande difficulté des bénévoles est la communication. C’est aussi notre plus belle victoire. Ce que je retiens de ces mois de maraude, c’est l’accueil toujours respectueux quand nous arrivons dans les bidonvilles et que nous expliquons nos actions. C’est la confiance qui s’instaure entre les femmes qui nous ouvrent leurs portes et se confient. C’est la joie partagée quand on parvient à se comprendre, quand on revoit la même femme semaine après semaine et que la situation s’améliore, quand on arrive à partager un sourire, une blague. Notre action est sanitaire mais elle est aussi sociale.

Julie Beaufils, 24 ans, Sciences Po Paris.