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TÉMOIGNAGE DE MANUELLA, ÉTUDIANTE EN FORMATION D’ASSISTANT DE SERVICE SOCIAL, BÉNÉVOLE

Je suis devenue bénévole à ADSF lorsque je suis arrivée sur Paris. J’étais étonnée de voir le nombre important de personnes vivant dans la rue et encore plus, lorsque j’ai appris qu’il existant des « camps ». Des camps en France, des camps à Paris. D’où je viens, je vois très peu de personimagenes, voire pas du tout, en train de faire la manche. Alors des « camps » … cela m’a paru incroyable d’entendre cela. C’est comme si on avait deux mondes. D’un côté, la vie parisienne, métro-boulot-dodo, et de l’autre, une réalité qui nous est inconnue et qui nous semble étrangère.

La question de la condition de la femme dans cette situation est souvent venue à mon esprit. Bien que je ne croise pas souvent de femme à la rue, cela veut-il pourtant dire qu’il n’y en a pas ? Si elles existent, où sont-elles ? Qui sont-elles ? Comment font-elles pour vivre dans la rue ? Comment arrivent-elles à vivre ou à survivre en hiver ? Et surtout, comment font-elles lorsqu’elles ont des enfants ou sont enceintes ?

C’est ainsi que je me suis retrouvée à être bénévole chez ADSF. Dès la 1ère maraude, j’ai été mise dans le bain, à conduire le camion, à aller vers les femmes dans le camp, à faire des attestations pour la demande d’AME, à les informer des hôpitaux les plus proches. Il est touchant de voir l’accueil qu’on nous fait. Leur espace de vie fait moins de 10m², avec des enfants curieux sur le lit ou à nos côtés, mais elles nous trouvent toujours de la place pour nous faire entrer dans leur chez-soi. Ici, la langue n’est pas une trop grande barrière. Il est toujours possible de se faire comprendre ou de trouver un interprète. Il est aussi surprenant de voir combien les femmes peuvent se confier facilement à nous au sujet de leur santé et chuchoter lorsqu’un homme approche.

C’est une expérience riche tant sur le plan personnel que professionnel. Étudiante en formation d’Assistant de Service Social, le fait d’être avec des bénévoles sage-femme, puéricultrice, étudiante en licence de droit etc… vient enrichir mes connaissances. Et être sur le terrain me fait prendre conscience de cette autre réalité.